Beauté

Où jeter les produits de beauté périmés ? Contenu, emballages et cas à part

Élise de Launay 7 min de lecture
Où jeter les produits de beauté périmés : tri ordures et emballages (crème, parfum, tube)

Une crème périmée ne va pas dans la même poubelle que son pot vide. En France, le contenu d’un cosmétique courant inutilisable rejoint généralement les ordures ménagères, tandis que son emballage vidé se trie selon sa matière. Ne versez rien dans l’évier ou les toilettes. Pour les vernis, les parfums encore pleins et les aérosols non vides, vérifiez la filière auprès de votre collectivité avant de les jeter.

Avant de jeter : vérifier si le produit est réellement inutilisable

Un produit oublié dans un placard n’est pas nécessairement périmé. Commencez par lire son étiquette : la date de durabilité minimale et la période après ouverture ne donnent pas la même information. La première concerne sa conservation dans les conditions prévues ; la seconde indique combien de temps l’utiliser après sa première ouverture.

Le guide officiel pour trier vos cosmétiques et leurs emballages : Découvrez où jeter vos produits cosmétiques et comment recycler correctement leurs emballages grâce à l’outil de tri de l’ADEME.

Le seuil de 30 mois distingue généralement les modalités d’étiquetage : en dessous, une date de durabilité minimale est indiquée ; au-delà, c’est habituellement le symbole du pot ouvert qui renseigne la période après ouverture, lorsque celle-ci est pertinente. Une mention comme « 12 M » se compte donc à partir de l’ouverture, pas de l’achat.

Examinez aussi l’odeur, la couleur et la texture. Une crème qui se sépare, un rouge à lèvres dont l’odeur a changé ou un mascara desséché doivent être écartés. À l’inverse, une apparence normale ne garantit pas qu’un produit reste utilisable au-delà des indications du fabricant.

Pour une crème solaire, ne comptez pas sur un ancien tube dont la durée d’utilisation est dépassée pour assurer votre protection. N’essayez pas non plus de « sauver » un cosmétique altéré en ajoutant de l’eau ou en le mélangeant à un produit neuf.

Vider une crème ou un shampoing sans passer par les canalisations

La consigne présentée par l’ADEME distingue bien le contenu cosmétique et son contenant. Pour une crème hydratante, un gel douche, un shampoing ou du maquillage courant devenu inutilisable, retirez ce qui peut l’être facilement et placez-le dans les ordures ménagères, en évitant les écoulements.

Une petite quantité de crème peut être recueillie avec un papier absorbant, lui aussi destiné aux ordures ménagères. Pour un produit liquide, utilisez un déchet absorbant déjà disponible et un sac correctement fermé. Ne mélangez pas plusieurs produits pour improviser un traitement, notamment s’ils contiennent de l’alcool ou des solvants.

Ne videz jamais une bouteille de shampoing dans l’évier pour rendre son emballage recyclable. Les canalisations ne constituent pas une filière d’élimination des cosmétiques. Pour plusieurs flacons pleins ou un volume important, demandez au service local des déchets quelle solution il prévoit plutôt que de multiplier les manipulations.

Le vidage est la clé de voûte du tri, mais il ne faut pas le confondre avec un décapage : un contenant vidé peut garder un léger film de crème. Chercher à le rendre impeccable à grande eau déplacerait les résidus vers les eaux usées. L’objectif est de retirer le contenu accessible, pas de retrouver un pot neuf.

Si un flacon ne peut pas être vidé sans risque, conservez-le fermé le temps d’obtenir une consigne locale. Un emballage encore plein ne doit pas rejoindre automatiquement le bac de tri.

Une fois vide, orienter chaque emballage vers le bon bac

Le matériau sert de repère, mais la consigne de votre collectivité et l’Info-tri de l’emballage restent à consulter. La couleur du bac n’est pas identique partout. Déposez les emballages séparément, sans les emboîter dans d’autres contenants.

Emballage ou déchet Destination habituelle Précaution
Tube de crème, bouteille de shampoing en plastique Bac, sac ou conteneur de tri des emballages Bien vider ; inutile de laver à grande eau
Pot de crème ou flacon cosmétique en verre Conteneur réservé aux emballages en verre Retirer les éléments amovibles selon la consigne locale
Boîte ou contenant métallique Tri des emballages Vider le contenu avant dépôt
Étui en carton et notice papier Collecte des emballages et papiers Séparer du produit et du flacon
Aérosol complètement vide Tri des emballages selon la consigne locale Ne jamais percer ni écraser
Coton, lingette, éponge de maquillage usagée Ordures ménagères Ni bac de tri ni toilettes

Pour un pot en verre doté d’un couvercle en plastique, séparez les deux éléments lorsqu’ils se retirent facilement. Une pompe peut associer plusieurs matériaux : inutile de la démonter avec des outils ou de forcer sur une bague sertie. Suivez les indications prévues pour cet emballage.

Enfin, un objet en plastique n’est pas forcément un emballage. Une brosse à dents manuelle ou un pinceau de maquillage usé ne rejoint pas le bac des emballages simplement en raison de sa matière. Les appareils électriques, eux, relèvent d’une collecte dédiée.

Parfum, vernis, maquillage et aérosols : les précautions particulières

Parfum et vernis encore remplis : garder le flacon fermé

Un parfum alcoolisé ou un vernis contenant des solvants demande davantage de prudence qu’une crème. S’il reste du produit, ne le versez ni dans les canalisations ni sur du papier pour le faire évaporer. Gardez le flacon fermé, loin d’une source de chaleur, et demandez à la déchetterie ou au service des déchets si une collecte adaptée l’accepte.

Un flacon de parfum en verre réellement vide peut rejoindre le conteneur à verre, sous réserve des consignes concernant son vaporisateur. Pour le vernis, vérifiez la destination de l’ensemble flacon, pinceau et capuchon : la présence de verre ne suffit pas à décider du geste lorsque des résidus de produit subsistent.

Maquillage et déodorant : distinguer la formule du dispositif

Les restes de poudre, de fond de teint ou de rouge à lèvres inutilisables vont généralement aux ordures ménagères. L’emballage vidé suit ensuite sa consigne de tri. Un boîtier avec miroir ou mécanisme complexe mérite une vérification particulière ; ne le cassez pas pour séparer ses composants.

Pour un déodorant à bille, raisonnez selon la matière du flacon et les indications de tri. Un aérosol de déodorant ou de laque doit, lui, être complètement vide avant de rejoindre la collecte prévue. Ne le percez pas, ne l’écrasez pas et ne pulvérisez pas un reste uniquement pour vider la bombe. S’il est encore chargé ou défectueux, demandez une orientation locale.

Trouver une collecte et éviter le prochain stock périmé

En cas de doute, recherchez le nom exact du produit dans l’outil de tri de l’ADEME ou consultez le service déchets de votre commune ou intercommunalité. Avant un déplacement en déchetterie, confirmez l’acceptation du déchet, surtout pour les solvants, les parfums et les récipients sous pression.

Des enseignes et des programmes spécialisés, notamment TerraCycle, proposent également des collectes d’emballages de beauté. Les conditions varient : marques acceptées, emballages vides obligatoires, points de dépôt et dispositifs gratuits ou payants. Une reprise de flacons ne signifie pas que les produits encore pleins sont acceptés.

Un cosmétique neuf, non ouvert et encore utilisable peut être donné, sous réserve des critères de l’association. Ne donnez pas un produit périmé ou altéré. Pour limiter les prochains déchets, notez la date d’ouverture sur vos soins, terminez un produit avant son équivalent et choisissez une recharge lorsque vous savez que vous l’utiliserez. Le meilleur tri commence aussi par moins de flacons oubliés.

Élise de Launay
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